Désir, décision, cohérence :les trois leviers du réel
COMPENDIUM - issu des enseignements de l'académie Forêt Totem
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EXTRAIT
Il y a une croyance répandue selon laquelle la réalité s'impose à nous de l'extérieur — qu'elle nous résiste, nous freine, nous teste. Cette lecture est une inversion. La réalité dans laquelle nous évoluons, en tant que consciences incarnées, obéit à ce que nous entretenons : nos pensées, nos comportements, nos habitudes, les fréquences auxquelles nous consacrons notre attention, même passivement.
On crée ce qu'on entretient.
Entretenir ne signifie pas désirer activement. Cela signifie alimenter. Regarder longuement un problème, c'est l'entretenir. Rejouer mentalement une difficulté, c'est lui consacrer de l'énergie. Rester dans une habitude qui n'est plus alignée, c'est confirmer au réel que c'est là qu'on veut demeurer.
C'est pourquoi il ne suffit pas d'avoir un désir clair si, dans le même temps, on entretient des comportements, des peurs, des espaces de doute qui vont en sens contraire. Le réel reçoit alors deux signaux contradictoires, et ne peut refléter qu'une image trouble.
La notion de cohérence
Monter en cohérence, c'est progressivement réduire l'écart entre ce qu'on aspire à vivre et ce qu'on nourrit quotidiennement. Ce n'est pas un état à atteindre une fois pour toutes — c'est une direction, une pratique, un travail d'observation quotidien.
Chaque fois qu'on remarque un comportement qui n'est plus aligné avec la version de soi à laquelle on aspire, et qu'on pose sur lui une sorte d'étiquette intérieure — « cela n'est plus ce que je veux être » — on accomplit un acte de cohérence. L'accumulation de ces petits actes modifie la structure, sans forcer, sans violence.
La cohérence ne demande pas de tout changer d'un coup. Elle demande d'observer avec précision ce qu'on alimente — et de commencer à en retirer le combustible.
Il n'y a pas à se culpabiliser de ce qui persiste encore. La culpabilité est elle-même une forme d'entretien de la vieille réalité. On observe, on étiquette, on laisse l'intelligence du vivant intégrer l'information à son propre rythme.
