Sur l'orthogonalité
- Marie

- 1 déc. 2025
- 8 min de lecture
De 2010 à 2015, j'ai démarré l'étude en autodidacte des mathématiques et de la , répondant à un élan intérieur irrépressible. Un besoin vital de comprendre. De suivre une lueur tout au fond de mon intuition.
Je me suis consacrée à temps plein à cette étude. Libre, sans compte à rendre, en exerçant mon propre discernement, je me suis fiée a un instinct sauvage qui semblait savoir ce qu'il cherchait, qui savait reconnaître une vérité venue d'ailleurs. La Sienne.
C'est ainsi qu'est né le laboratoire Shantée Bellefleur. Espace virtuel qui rassemble plus de 130 articles sur les maths, la physique quantique, la condition humaine, la société, l'humanité. Les articles en désordre sont encore éparpillés sur la paillasse.
Dans l'extrait qui suit , je tournais autour d'une
sensation ineffable que je sentais être absolument essentielle à la dualité.
Plus précisément... Toujours mue de l'intérieur par le souvenir ardent de l'Unité, je cherchais ce qui pouvait relier deux choses totalement distinctes entre elles. Pourquoi les opposés existent ils... Que représente la tension entre deux pôles contraires... Quest ce qui prime, les deux pôles ou la tension qui les relie ? Voyez vous poindre sous cette interrogation, la question de la prédominance du Discret et du Continu comme principe premier sous-tendant toute la matière ?
Aujourd'hui, tout mon Référentiel intérieur a complètement changé. Il n'en reste rien. Je ne travaille plus comme cela du tout. Ce qui reste toutefois, c'est la dévotion à comprendre dans Quoi nous sommes, pourquoi nous y sommes, qui nous sommes, et comment Devenir libres, ensemble, dans tout ça :)
Voici l'article :
Introduction
Dans une vidéo récente, un technicien en électronique expliquait de manière étonnamment limpide plusieurs concepts mathématiques. Ce qui m’a frappée, c’est la manière dont ces outils mathématiques révélaient spontanément des structures profondes qui sous-tendent les phénomènes physiques.
La relation étroite entre mathématiques et physique est bien connue : si les lois de la nature s’expriment en langage mathématique, alors les mathématiques ne sont pas seulement un outil descriptif, mais une fenêtre ouverte sur l’architecture même du réel.Et si tel est le cas, alors les structures les plus fondamentales des mathématiques peuvent peut-être éclairer aussi les structures du pensée, de l’expérience… et de l’être.
Ce texte propose une exploration modeste de cette idée. À partir de quelques objets simples — fonctions trigonométriques, fonction exponentielle, nombres complexes, orthogonalité — j’aimerais montrer comment ces abstractions révèlent un motif philosophique plus profond : la co-existence de la différence et de l’unité.
1. Fonctions trigonométriques : Sinus et Cosinus
Le sinus et le cosinus apparaissent d’abord dans la géométrie élémentaire du triangle rectangle.Mais leur portée conceptuelle se déploie vraiment lorsqu’on les interprète dans le cercle unité.
Dans un plan cartésien, imaginons un cercle de rayon 1. Tout point p sur le cercle détermine un angle ω à l’origine. La projection de p sur l’axe horizontal donne le cosinus de ω ; sa projection sur l’axe vertical donne le sinus.
Cette simple construction révèle plusieurs traits essentiels :
sin et cos sont complémentaires ;
ils sont périodiques ;
leurs dérivées forment un cycle récursif ;
ensemble, ils décrivent des oscillations régulières.
Ces propriétés expliquent pourquoi sinus et cosinus apparaissent partout en physique : dans les ondes sonores, les ondes électromagnétiques, les vibrations mécaniques, les fluides en mouvement.
Ils ne sont pas de simples outils géométriques : ils expriment une structure ontologique du monde — le motif de l’oscillation.
2. La fonction exponentielle
La fonction exponentielle e semble, au premier abord, n’avoir aucun rapport avec sinus et cosinus. Pourtant, elle possède une particularité unique : elle est égale à sa propre dérivée.Cette auto-similarité lui confère un statut fondamental dans les processus de croissance, de décroissance et de rétroaction.
Lorsque l’on examine les séries de Taylor de sin, cos et exe^xex, une parenté frappante apparaît : leurs structures internes se ressemblent presque terme à terme.
Cela laisse penser qu’une unification est possible — mais elle nécessite un changement de cadre.
3. Unification dans le plan complexe
3.1 Le rôle des nombres imaginaires
Pour unifier ces fonctions, il faut passer au plan complexe.Le nombre imaginaire iii, défini par i2=−1i^2 = -1i2=−1, introduit une seconde dimension perpendiculaire au réel : la dimension imaginaire.
Les nombres complexes possèdent donc deux composantes : une réelle et une imaginaire. Cette structure orthogonale entre deux axes indépendants est la clé de l’unification à venir.
3.2 La formule d’Euler
Lorsque l’on évalue l’exponentielle avec un argument imaginaire, un résultat étonnant apparaît :
eix=cosx+isinxe^{ix} = \cos x + i\sin xeix=cosx+isinx
Cette équation, appelée formule d’Euler, réunit en une seule expression :
l’oscillation (sin + cos),
la rotation (mouvement circulaire),
la croissance exponentielle,
le réel et l’imaginaire.
Graphiquement, eixe^{ix}eix décrit un cercle.
Ainsi, trois comportements mathématiques fondamentaux — périodicité, auto-similarité et rotation — apparaissent comme différentes facettes d’une même structure.Et cette unification est rendue possible grâce à l’orthogonalité entre le réel et l’imaginaire.
4. L’orthogonalité : différence et interaction
L’orthogonalité est souvent présentée comme la perpendicularité entre deux axes.Mais son sens profond est plus riche.
De manière conceptuelle, deux objets sont orthogonaux lorsqu’ils sont :
indépendants,
irréductibles l’un à l’autre,
mais capables de relation structurée.
Dans un plan cartésien, les axes x et y sont orthogonaux non seulement parce qu’ils sont perpendiculaires, mais parce que aucune combinaison des x ne peut produire un y, et inversement.C’est cette indépendance qui permet la notion de fonction : une relation entre variations de x et variations de y.
De la même manière :
sinus et cosinus sont orthogonaux ;
réel et imaginaire sont orthogonaux ;
des oscillations physiques (sonores, électromagnétiques) doivent leur forme à cette orthogonalité.
Philosophiquement, l’orthogonalité formalise un principe simple et profond :sans différence, aucune interaction n’est possible.
5. L’orthogonalité en physique : l’exemple électromagnétique
L’électromagnétisme illustre de manière spectaculaire cette logique.
Le champ électrique et le champ magnétique :
sont fondamentalement différents,
ont des propriétés distinctes (monopôles vs dipôles),
sont géométriquement orthogonaux,
mais forment un seul et même phénomène.
Les équations de Maxwell unifient ces deux entités en une structure symétrique et cohérente.Encore une fois, une interaction profonde suppose une différence irréductible.
6. Généralisation : le moteur des mathématiques
Les mathématiques progressent souvent par généralisation : élargir le cadre pour réunir des objets distincts sous une structure plus vaste.
Pour Poincaré, « généraliser, c’est donner le même nom à des choses différentes ».Grothendieck ira beaucoup plus loin, transformant nombres en espaces, fonctions en faisceaux, formes en variétés.
La formule d’Euler, précédemment évoquée, est un exemple parfait de cette dynamique : une unification rendue possible par un changement de perspective.
7. Dimensions et différence
La notion de dimension repose sur l’orthogonalité.Sans indépendance entre directions, il n’y aurait ni plan ni espace tridimensionnel.
Une dimension supplémentaire n’a de sens que si elle apporte une nouvelle direction irréductible.L’orthogonalité est donc la condition d’existence de la structure.
Les géométries de Riemann ou de Lobatchevski — où les lignes droites peuvent être courbes — illustrent comment le concept de dimension naît d’un jeu abstrait entre indépendance et interaction.
8. Quantique : le discret dans le continu
La physique quantique ajoute une dimension nouvelle à cette réflexion.Les propriétés fondamentales (charge, spin, niveaux d’énergie) sont quantifiées : elles ne prennent que des valeurs discrètes.Mais les états quantiques peuvent être en superposition, un phénomène qui réintroduit une forme de continuité.
Ainsi, le quantique réunit — et non oppose — :
discontinuité radicale,
continuité subtile,
interaction entre les deux.
Une fois encore, on retrouve le motif : des pôles irréductibles qui coexistent et interagissent.
9. La différence comme principe fondamental
À travers toutes ces explorations, une idée centrale émerge :
La différence n’est pas l’ennemie de l’unité.Elle en est la condition.
Orthogonalité = différence irréductible + possibilité de relation.
Pas d’unité sans dualité.
Pas de relation sans indépendance.
Pas de structure sans contraste.
Pas de réalité sans polarité.
Même l’étymologie le murmure :différence = di- (deux) + -férence (croisement, rencontre).
La dualité n’est pas ce qui brise l’unité ; c’est ce qui la rend intelligible.
Conclusion
Des fonctions trigonométriques aux équations de Maxwell, du plan complexe à la mécanique quantique, un même schéma apparaît :la réalité est faite de composantes orthogonales — différentes mais liées, indépendantes mais en interaction.
L’orthogonalité devient ainsi une sorte de matrice conceptuelle où la différence et l’unité ne s’opposent pas, mais se co-constituent.
Les mathématiques, dans leur abstraction la plus pure, rendent visible cette architecture profonde.
---------------------------------------------------------------------------------
Ce qui dit l'article:
1. Les mathématiques révèlent l’architecture du réel.
L’article affirme que les mathématiques ne sont pas seulement un outil pour décrire la nature : elles expriment les structures mêmes à travers lesquelles la nature fonctionne.Étudier les objets mathématiques, c’est étudier la grammaire de l’existence.
2. Les fonctions fondamentales (sinus, cosinus, exponentielle) reflètent des comportements fondamentaux du monde physique.
Sinus et cosinus révèlent la périodicité, la récursivité, la complémentarité et l’oscillation.
L’exponentielle exprime la croissance, la décroissance, la continuité et la cohérence interne.
Ces formes apparaissent partout : ondes, vibrations, rotations, signaux, résonances.Elles ne sont donc pas de simples calculs : ce sont des motifs ontologiques.
3. L’unification du sinus, du cosinus et de l’exponentielle révèle une couche plus profonde de réalité.
La formule d’Euler
eix=cosx+isinxe^{ix} = \cos x + i\sin xeix=cosx+isinx
est le cœur symbolique de l’article.
Elle montre que :
l’oscillation,
la rotation,
l’exponentielle,
le réel et l’imaginaire
…sont les expressions d’une même structure unifiée.
Ce qui suggère cette vérité métaphysique :l’unité n’est pas la négation de la dualité — elle la contient.
4. L’orthogonalité est le concept clef qui tient l’ensemble.
Dans ta manière de l’employer, l’orthogonalité signifie :
différence irréductible,
indépendance structurelle,
impossibilité de réduction de l’un à l’autre,
mais possibilité d’interaction.
Mathématiquement : x et y sont orthogonaux ; sinus et cosinus aussi ; réel et imaginaire également.Philosophiquement :il ne peut y avoir relation que s’il y a différence.
5. L’électromagnétisme illustre physiquement cette structure.
Le champ électrique et le champ magnétique sont :
distincts,
irréductibles,
perpendiculaires,
et pourtant inséparables dans le phénomène électromagnétique.
Encore une fois :la différence + l’interaction = une unité plus vaste.
6. Le progrès mathématique consiste à généraliser — à passer à un plan plus large.
Tu montres que la mathématique évolue en :
élargissant les concepts,
inventant de nouveaux espaces (ex. : les complexes),
intégrant des dualités dans une structure plus englobante.
Ce mouvement de généralisation reflète une dynamique profonde :les différences interagissent → l’interaction révèle une structure → la structure appelle une unification plus générale.
7. L’orthogonalité fonde la notion même de dimension.
Sans directions indépendantes, il n’y aurait ni plan ni espace.Si deux directions ne sont pas indépendantes, elles se contractent l’une dans l’autre.
Ainsi :la différence est la condition même de la structure.
8. La théorie quantique renforce la tension entre discret et continu.
La quantification impose le discret (états distincts).
La superposition réintroduit une continuité subtile.
Les deux coexistent dans un jeu d’interactions.
Cela reflète exactement la logique étudiée :des pôles irréductibles qui coexistent et interagissent.
9. L’idée philosophique centrale :
la différence n’est pas l’opposé de l’unité — elle est son mode d’expression.
Orthogonalité = expression mathématique de la dualité constructive.Partout où le monde demande indépendance et relation, l’orthogonalité apparaît.
Même le mot « différence » le dit :di- = deux-férence = rencontre, croisement (inter-férence).
La différence est le lieu où la dualité se rencontre.Le Un a besoin du Deux pour devenir intelligible.
L’idée majeure (en une phrase)
La réalité est faite de paires fondamentalement différentes mais inséparablement liées ; les mathématiques révèlent cette architecture profonde à travers l’orthogonalité, la récursivité et l’unification.
La couche philosophique sous-jacente
Ce que tu pointes, en profondeur, est que :
L’unité véritable n’est pas homogène.
La dualité n’est pas une fracture.
Deux pôles indépendants sont nécessaires pour que quelque chose existe, se différencie, interagisse et devienne intelligible.
Les mathématiques — dans leur abstraction — rendent ce principe impossible à ignorer.
En d’autres termes :
"La Dualité" n'est pas une rupture de "l'Unité", mais la manière dont le Un s’exprime.



Commentaires